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Réglementation

Règlement machines 2027

Publié le 4 juillet 2026 · Lecture : 6 min · Par ECDA — Étude & Construction d’Automatismes

En résumé : le Règlement (UE) 2023/1230, dit « Règlement Machines », remplace la directive Machines 2006/42/CE et devient obligatoire le 20 janvier 2027. Il renforce les exigences de sécurité — y compris numériques — pour les machines neuves comme pour les machines modifiées de façon substantielle. Pour la plupart des industriels, la voie de mise en conformité la plus économique n’est pas le remplacement, mais un rétrofit de sécurité : analyse de risques, fonctions de sécurité et dossier technique remis au niveau, sans changer la machine.

Ce qui change par rapport à la directive Machines

Le Règlement (UE) 2023/1230 a été publié en juin 2023 et remplace la directive 2006/42/CE. Le passage d’une directive à un règlement est en soi un changement majeur : le texte s’applique directement et de manière identique dans toute l’Union européenne, sans transposition nationale.

Sur le fond, quatre évolutions concernent directement les exploitants de machines :

1. La sécurité numérique entre dans la conformité. Le règlement introduit des exigences de protection contre la corruption : une machine dont le logiciel ou les circuits de sécurité peuvent être altérés (cyberattaque, modification non autorisée du programme) peut être jugée non conforme. Les logiciels assurant des fonctions de sécurité doivent être identifiés et protégés.

2. Les systèmes à comportement auto-évolutif sont encadrés. Les machines intégrant de l’apprentissage automatique (IA) dans des fonctions de sécurité font l’objet d’une procédure d’évaluation renforcée.

3. La documentation numérique devient la règle. La notice d’instructions et la déclaration de conformité peuvent être fournies au format numérique — mais l’exploitant doit pouvoir y accéder pendant toute la durée de vie de la machine.

4. La « modification substantielle » est enfin définie. C’est le point le plus important pour un parc existant : le règlement précise qu’une machine modifiée de façon substantielle devient une machine neuve au sens réglementaire — avec obligation de re-certification complète (marquage CE, dossier technique, déclaration de conformité) à la charge de celui qui effectue la modification.

Le calendrier : qui est concerné, et quand

  • Juin 2023 — publication du Règlement (UE) 2023/1230.
  • 20 janvier 2027 — le règlement devient obligatoire : toute machine mise sur le marché ou mise en service à partir de cette date doit y être conforme. La directive 2006/42/CE est abrogée le même jour, sans période de coexistence pour les mises sur le marché.
  • Machines déjà en service : elles restent soumises aux exigences applicables lors de leur mise en service — tant qu’elles ne sont pas modifiées de façon substantielle — ainsi qu’aux obligations de l’employeur au titre du Code du travail (maintien en état de conformité, vérifications périodiques).

Sont concernés : les fabricants de machines (OEM), les importateurs et distributeurs (dont les obligations sont désormais explicites), et les exploitants dès lors qu’ils modernisent, transforment ou assemblent des équipements.

Modification substantielle : le point qui piège les industriels

C’est le scénario le plus fréquent en atelier : vous faites évoluer une ligne existante — nouvelle fonction, augmentation de cadence, changement du système de commande — et la question tombe : la machine doit-elle être re-certifiée ?

Le règlement définit la modification substantielle comme une modification, physique ou numérique, non prévue par le fabricant, qui affecte la sécurité de la machine en créant un nouveau danger ou en augmentant un risque existant, et qui exige de nouvelles mesures de protection.

Concrètement :

  • Relève typiquement de la modification substantielle : augmentation significative de vitesse ou de puissance, changement de fonction de la machine, suppression ou contournement de protecteurs, refonte du système de commande qui modifie les fonctions de sécurité.
  • N’en relève généralement pas : le remplacement à l’identique de composants, la maintenance courante, et — point clé — un rétrofit qui maintient ou améliore le niveau de sécurité sans créer de nouveau risque (migration d’un automate obsolète à iso-fonctionnalité, modernisation d’armoire, ajout de supervision).

C’est toute la valeur d’une analyse de risques avant travaux : elle documente que la modification n’est pas substantielle — ou, si elle l’est, elle cadre la re-certification au juste périmètre.

Les points de contrôle pour votre parc existant

Pour préparer 2027, voici les cinq vérifications à mener machine par machine :

  • Analyse de risques à jour — existe-t-elle, reflète-t-elle l’état réel de la machine (et non son état d’origine) ?
  • Fonctions de sécurité — arrêts d’urgence, protecteurs, verrouillages, automates de sécurité : sont-ils présents, fonctionnels, et d’un niveau de performance (PL/SIL) adapté aux risques ?
  • Dossier technique et notices — plans électriques à jour, notice accessible, déclaration de conformité retrouvable ?
  • Système de commande — l’automate est-il encore maintenu par son fabricant ? Un programme non documenté ou non protégé en écriture est désormais aussi un sujet de conformité (protection contre la corruption).
  • Historique des modifications — la machine a-t-elle été modifiée depuis sa mise en service, et ces modifications sont-elles documentées ?

Un parc de 20 machines s’audite en quelques jours ; le résultat est une cartographie des écarts, priorisée par criticité, qui permet d’étaler les mises en conformité sur les arrêts programmés plutôt que de les subir.

Comment anticiper sans immobiliser la production

La bonne nouvelle : dans la grande majorité des cas, la mise en conformité ne passe pas par le remplacement de la machine. Un rétrofit de sécurité traite les écarts au juste coût :

  • Audit d’obsolescence et de conformité — diagnostic sur site, analyse de risques, scénarios chiffrés avec ROI.
  • Rétrofit ciblé — fonctions de sécurité remises au niveau (automate de sécurité, protecteurs, arrêts d’urgence), migration du système de commande si l’automate n’est plus maintenu, dossier technique reconstitué. Préfabriqué en atelier, basculé sur une fenêtre courte (week-end, arrêt programmé).
  • Supervision — visibilité sur les arrêts et le TRS, télémaintenance sécurisée : la conformité numérique du règlement rejoint ici l’intérêt opérationnel.

Anticiper dès 2026 présente trois avantages : des fenêtres d’intervention choisies (pas subies), un budget étalé, et la disponibilité des intégrateurs — qui se raréfiera à l’approche de l’échéance.

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Questions fréquentes

Dois-je remplacer mes machines pour être conforme en 2027 ?

Non, dans la plupart des cas. Les machines déjà en service restent soumises aux règles applicables lors de leur mise en service tant qu’elles ne sont pas modifiées substantiellement. Quand une mise à niveau est nécessaire, un rétrofit de sécurité (analyse de risques + fonctions de sécurité + dossier technique) suffit le plus souvent, pour un coût très inférieur au remplacement.

Mon rétrofit va-t-il déclencher une re-certification CE ?

Pas s’il est bien cadré. Un rétrofit qui maintient ou améliore la sécurité sans créer de nouveau danger n’est généralement pas une modification substantielle. L’analyse de risques menée avant travaux le documente formellement — c’est notre méthode systématique.

Le règlement s’applique-t-il aux machines que je fabrique pour mon propre usage ?

Oui : la mise en service d’une machine pour usage propre est traitée comme une mise sur le marché. Un assemblage de machines (ligne) constitué par l’exploitant peut également faire de lui le « fabricant » de l’ensemble.

Qu’est-ce qui change concrètement sur la cybersécurité ?

La machine doit être protégée contre les altérations, accidentelles ou malveillantes, de ses fonctions de sécurité : accès au programme automate protégé, traçabilité des versions logicielles, télémaintenance sécurisée. Un automate obsolète non protégeable devient de fait un écart.

Par où commencer ?

Par un audit de parc : cartographie des écarts machine par machine, priorisation par criticité, et chiffrage des scénarios. C’est la base d’un plan de mise en conformité étalé jusqu’à janvier 2027. Demandez votre audit →


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Cet article présente le cadre réglementaire à titre d’information générale et ne constitue pas un conseil juridique. Référence : Règlement (UE) 2023/1230 du 14 juin 2023.

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